Bourvil 1er, roi du kitsch français

Regardez ce que je viens de trouver au Village des Valeurs,  un magasin de choses usagées. On appelle ça un thrift store en Amérique. J’ai trouvé un magnifique disque 33 tours vinyle de Bourvil!  Un trésor sur lequel j’ai sauté, car pour moi, Bourvil, de son vrai nom André Robert Raimbourg, est un monstre sacré! À mon avis, l’acteur, chanteur et humoriste français qui synthétise le plus le kitsch français des années 1940 , 1950 et 1960.  Mon dieu oui! Sa bonne bouille et son bérêt de péquenot de la province, sa voix éraillée, sa mimique timide et malhabile, son humour naïf. Tout me l’a fait aimé dès que je l’ai vu et entendu. J’étais petite fille et j’adorais tous ses films en noir et blanc. Oui, Bourvil et Fernandel personnifient pour moi toute la France bonne enfant d’avant-guerre. C’est fleur bleue, kitsch et tellement comique!

Bourvil

Qui est ce Bourvil?

Il est né le 27 juillet 1917, sur une ferme à Prétot-Vicquemare, en Normandie.  Sans beaucoup de diplômes académiques et sans vrai métier, il réussira sa vie. C’est qu’il a du talent et un charme fou! Il réussira si bien à gagner sa vie grâce à son talent inné. Il est inclassable, étonnant et craquant… qu’en 1970, c’est en millionnaire qu’il mourra à Paris!
Il termine son certificat d’études en 1930 et pense à devenir maître d’école. Mais en 1933 il abandonne ses études pour… faire du cornet à piston au sein de la fanfare de Fontaine-Le-Dun!!! Bourvil au cornet à pistons
À partir de là, on le sent déjà mordu par l’expression artistique… il collectionne d’ailleurs avec son maigre salaire les disques de Fernandel et de Raimu… En 1934 il fera le garçon-boulanger Saint-Laurent-en-Caux et à Rouen pour gagner sa vie… mais pas pour longtemps…

Le grand saut

3 ans plus tard, en 1937  il monte à Paris et s’engage comme musicien à la Caserne de la Pépinière au sein du 24e Régiment d’Infanterie. L’année suivante il commence à faire des monologues et des chansons. C’est là qu’une chanson de Fernandel lui portera bonheur… avec « Ignace » , il remporte à la radio les honneurs du Concours des Fiancés de Byrrh.

« Ignace » par Fernandel.


En 1939, il se fait à nouveau remarquer au Music Hall des Jeunes à Ciné-Radio-Cité. Bourvil a alors 19 ans et sa carrière se dessine déjà comme prometteuse… jusqu’à la 2e Guerre Mondiale. Il sera démobilisé de l’armée en 1940 et deviendra garçon de courses à La Fiduciaire de la rue Berry. Il continue alors de donner en soirée ses spectacles dans les cinémas de quartiers.

En 1942 il passe le premier concours de la section trompette au Conservatoire de Musique. Il fait de la figuration dans le film Croisières Sidérales et compose ses toutes premières chansons qui lui vaudront un engagement chez CARRÈRE, le cabaret de la rue Pierre Charron où le Tout-Paris se donne rendez-vous. Partout où il se produira, son humour fait merveille et déclenche des tempêtes de rires. Son nom se taille une place.

En 1944, la grande Édith Piaf le remarque et s’empresse de le recommander pour l’émission de radio La Vie en Rose, ensuite à Sans Rime ni Raison et aussi à Pêle Mêle que dirige Jean-Jacques Vital. Au micro il fait un monologue par semaine, et la France se tord de rire.

À partir de 1946, ce sera l’ascension vers la gloire! Il deviendra tour à tour vedette de cinéma et du disque. Pathé distribuera ses premiers disques (comme celui de la première photo), et lui fera jouer dans son premier film intitulé « Pas si bête ». Son style de personnage et sa voix le rendront vite célèbre. Il prend la relève de Fernandel. Toujours plus de films. Toujours plus de films pour ce Français coloré. Un authentique personnage d’opérette mais dans la vraie vie…

Opérettes: « La Revue du Rire » 1942, « Ça sent si bon la revue » 1943, « La Bonne Hôtesse » 1946, « Le Maharadja » 1947,  »Les contes d’Hoffmann » 1948, « M’sieur Nanar » 1950 de Bruno Coquatrix (celui de l’Olympia, oui!), « La Route Fleurie » 1952, « Phi-Phi » 1952, « La course à l’émeraude » 1954, « Pacifico » 1958, « Ouah! Ouah! » 1965.

Chansons:  « Pour sûr » 1946,  « À Bicyclette » 1947, « La Tactique du gendarme » 1949, « Salade de fruits. 1959, pour ne nommer que celles-là… voir les autres sur Wikipedia.

Films: Je ne nommerai que « La Grande Vadrouille » 1966 que j’ai adorée, et « La Traversée de Paris » 1956, qui lui a valu le Grand Prix d’interprétation au Festival de Venise… mais il a joué dans 57 films. Il y en a trop! Je préfère vous référer le lien sur  Allo Ciné.

Sources: Allo Ciné , Skynet.be, Wikipedia bio , Wikipedia discographie.

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